4.09.2006

Avant d'être celui qui parle

Le dernier livre de Jean-Claude Rolland a paru le 21 avril 2006 sous le titre "Avant d'être celui qui parle" dans la collection "Connaissance de l'inconscient" chez Gallimard, avec une préface de J-B Pontalis.

Présentation de l'éditeur :

Deux sections dans ce livre. La première est intitulée " Langage ", la seconde " Image ". Apparemment cet ordre - d'abord le langage, ensuite l'image - vient contredire le titre de l'ouvrage, Avant d'être celui qui parle, l'homme est un voyant. Pourtant il n'y a pas là de contradiction car Jean-Claude Rolland n'entend pas établir une hiérarchie entre langage et image ni les opposer; il s'emploie à montrer ce qui les lie l'un à l'autre tout autant que ce qui les délie : union et séparation. l,es questions avec lesquelles il se débat et sans doute avec lui tout psychanalyste sont les suivantes : quel rapport entretient le langage avec ce qu'on appelle assez improprement l'image ? Y a-t-il entre eux quelque accointance ou bien s'agit-il d'une rupture entre deux " registres " incompatibles? A quoi renonçons-nous en cessant d'être voyants? Et d'ailleurs, est-il vrai que nous cessions de l'être? Que gagnons-nous dans cet éventuel renoncement qui nous ferait devenir sujet parlant? Gain ou perte? C'est une question similaire que nous rencontrons quand nous abandonnons nos objets d'amour primaires qualifiés d'œdipiens pour pouvoir pleinement en investir d'autres. Alors devons-nous guérir du " don de voyance" comme nous nous efforçons de " guérir du mal d'aimer " (titre du précédent livre de l'auteur)? Sans succès dans les deux cas...L'auteur n'entend pas décider pour nous des réponses à ces questions. Il nous maintient dans l'incertitude où il réside lui-même. Incertitude qui ne témoigne pas d'une hésitation mais qui indique une tension permanente entre deux pôles.

2.09.2006

Bernard Ceysson


Bernard CEYSSON
le vendredi 14 avril à 19h30
à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon) - Métro Hôtel de Ville.
Entrée libre



Bernard Ceysson, historien de l’art, est invité à revenir sur son parcours exceptionnel aux côtés des peintres et artistes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle.

Directeur du musée d’Art moderne de Saint-Étienne dès 1977, Bernard Ceysson a été le commissaire d’expositions qui ont fait date avec notamment Nouvelle Peinture en France : pratiques, théories en 1973, Après le classicisme en 1980, Mythe, Drame, Tragédie en 1982, L'Art en Europe, les années décisives : 1945-1953 en 1988, L’Écriture griffée en 1990 ou encore Support-Surface en 1991.
Depuis ses années de formation à Lyon et à Saint-Étienne jusqu’à la direction du Musée national d’Art moderne de Paris en 1986-1987 et son travail à la Fondation Musée d'Art moderne Grand-Duc Jean au Luxembourg à la fin des années 1990, Bernard Ceysson est à la fois un acteur et un grand témoin de tous les courants esthétiques et idéologiques qui ont traversé les arts plastiques depuis les années 1960 jusqu’à nos jours.

Son itinéraire intellectuel est aussi celui d’un militant de l’art de notre temps à travers colloques et catalogues : passionné par les sculpteurs de la Renaissance autant que par les avant-gardes européennes ou la peinture américaine d’après-guerre, il a publié de nombreux textes de référence sur des artistes qui furent aussi ses compagnons de route : Claude Viallat, André Fougeron, Gérard Fromanger, Bernard Rancillac, Jacques Monory ou Pierre Soulages.

C’est ce parcours à travers l’histoire de l’art et celle de ses idées que Bernard Ceysson retracera pour en rendre sensible toute la cohérence, mais aussi les paradoxes, en évoquant ses admirations et ses convictions de critique, ses prises de position théoriques, ses engagements à la direction d’un grand musée, ses expériences esthétiques ou ses convictions politiques.

Nous vous invitons à lire cet article récemment paru dans le quotidien Libération à propos de l'actualité de Bernard Ceysson:

"Bernard Ceysson galeriste.

De la direction du musée national d'Art moderne (Centre Pompidou) à l'ouverture d'une galerie à Saint-Etienne : ce parcours, pour le moins singulier, est celui de Bernard Ceysson qui vient donc d'inaugurer la galerie IAC (Initiative art conseil), avec son fils François Ceysson et Loïc Bénétière.

Après son passage à Beaubourg en 1986-1987, Ceysson, 66 ans, avait rejoint la capitale du Forez pour prendre la direction des musées de sa ville natale jusqu'à sa retraite en 1998.

Ensuite, ce grand passionné, guère fait pour le jardinage, était devenu directeur artistique de la fondation du musée d'art moderne Grand-Duc Jean au Luxembourg, jusqu'à fin 1999. Il a aussi une société d'édition qui a publié récemment un livre avec un DVD sur Claude Viallat. C'est ce dernier, avec ses compères de Supports/Surfaces, Patrick Saytour et Daniel Dezeuze, qui a poussé Ceysson dans sa nouvelle aventure qui, comme il le précise, "ne vise aucunement la concurrence avec des galeries parisiennes et européennes". Viallat qui, en toute logique, fait l'objet de l'exposition inaugurale avec une quinzaine d'oeuvres récentes.

Au rythme d'une dizaine d'expositions par an, qui verront se succéder des artistes reconnus, comme les susmentionnés ainsi que Fougeron, Fromanger... mais aussi des plus jeunes, comme Franck Chalendard, juste après Viallat, ou Etienne Bossut, "la galerie s'intéressera aussi bien à la figuration engagée qu'à des figurations perturbatrices ou à l'abstraction."

secretariat-general@la-fabrique-des-idees.org
www.la-fabrique-des-idees.org

1.09.2006

J.B. Pontalis



J.B. PONTALIS
le vendredi 24 février à 19h30
à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)
Entrée libre.

Psychanalyste, éditeur et écrivain, essayiste et romancier, J.B. Pontalis reviendra sur son itinéraire qui, depuis ses débuts aux côtés de Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty ou Jacques Lacan, marque la vie intellectuelle française d’une empreinte très personnelle.

Quelques repères biographiques:

1924 : Naissance à Paris.

1945 : Diplôme d’études supérieures de philosophie.

1946-1948 : Premières expériences dans la radio, l’enseignement, la littérature et le cinéma ; début de la collaboration à la revue Les Temps modernes avec Jean-Paul Sartre.

1948-1952 : Agrégation de philosophie. Professeur à Alexandrie, Nice et Orléans.

A partir de 1953 : Détaché au CNRS sous la direction de Daniel Lagache et Maurice Merleau-Ponty.

Entreprend une « analyse didactique » avec Jacques Lacan.

Début du travail avec Jean Laplanche pour la publication, en 1967, du Vocabulaire de la psychanalyse.

Participe au « Comité des intellectuels contre la guerre d’Algérie » et signe le « Manifeste des 121 ».

1964 : Fondation de l’Association psychanalytique de France (APF). Membre du Comité de direction de la revue Les Temps modernes.

Chargé de conférences à l’école pratique des Hautes Etudes.

1966 : Création de la collection « Connaissance de l’inconscient », Gallimard.

1969 : Démission des Temps modernes.

1970 : Fondation de la Nouvelle Revue de psychanalyse avec notamment Didier Anzieu, André Green, Jean Pouillon ou Jean Starobinski.

1979 : Entrée au Comité de lecture de Gallimard.

1980 : Publication du premier volume de la revue annuelle Le temps de la réflexion.

1989 : Création de la collection « L’un et l’autre », Gallimard.

1994 : Cinquantième et dernier numéro de la Nouvelle Revue de psychanalyse.

Petite bibliographie sélective :

Après Freud, Gallimard, Les Essais, 1968 ; Idées ; Tel, 1993 ; Entre le rêve et la douleur, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1977 ; Tel ; Loin, récit, Gallimard, 1980 ; Folio ; Fantasme originaire, fantasmes des origines, origines du fantasme, avec Jean Laplanche, Hachette, 1985 ; Pluriel ; L’Amour des commencements, Gallimard, 1986, Prix Femina-Vacaresco ; Folio ; Perdre la vue, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1988 ; Folio Essais ; La Force d’attraction, Le Seuil, 1990 ; Points Essais ; Un homme disparaît, Gallimard, 1996 ; Folio ; Ce temps qui ne passe pas suivi de Le Compartiment de chemin de fer, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1997 ; Folio Essais ; L’Enfant des limbes, Gallimard, 1998 ; Folio ; Fenêtres, Gallimard, 1999 ; Folio ; En marge des jours, Gallimard, 2002 ; Folio ; Traversée des ombres, Gallimard, 2003, Prix Valery Larbaud, 2004 ; Folio ; Le Dormeur éveillé, Mercure de France, 2004.

Et une citation :

« Parler boutique, j’y consens. Mais la psychanalyse m’assomme quand elle entre, sans y être invitée, en tout lieu, s’affirme comme interprétation de toutes les interprétation possibles. Je revendique pour tout à chacun non le refuge dans l’ininterprétable mais un territoire, aux frontières mouvantes, de l’ininterprété. A quoi bon nous avoir invités à nous délier la langue si c’est pour l’enchaîner à une autre que plus rien n’anime, sinon le désir, si fort, d’imposer le mot : tu ne dis pas ce que tu crois dire, tu es ce que je dis. »
J.B. Pontalis, in L’amour des commencements, Gallimard.

Enfin, nous sommes heureux de vous annoncer le prochain rendez-vous de la Fabrique des idées avec :
Bernard CEYSSON

le vendredi 14 avril à 19h30
à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)
Entrée libre

Bernard Ceysson, historien de l’art, est invité à revenir sur son parcours exceptionnel aux côtés des peintres et artistes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle.

Directeur du musée d’Art moderne de Saint-Étienne dès 1977, Bernard Ceysson a été le commissaire d’expositions qui ont fait date avec notamment Nouvelle Peinture en France : pratiques, théories en 1973, Après le classicisme en 1980, Mythe, Drame, Tragédie en 1982, L'Art en Europe, les années décisives : 1945-1953 en 1988, L’Écriture griffée en 1990 ou encore Support-Surface en 1991.

Depuis ses années de formation à Lyon et à Saint-Étienne jusqu’à la direction du Musée national d’Art moderne de Paris en 1986-1987 et son travail à la Fondation Musée d'Art moderne Grand-Duc Jean au Luxembourg à la fin des années 1990, Bernard Ceysson est à la fois un acteur et un grand témoin de tous les courants esthétiques et idéologiques qui ont traversé les arts plastiques depuis les années 1960 jusqu’à nos jours.

Son itinéraire intellectuel est aussi celui d’un militant de l’art de notre temps à travers colloques et catalogues : passionné par les sculpteurs de la Renaissance autant que par les avant-gardes européennes ou la peinture américaine d’après-guerre, il a publié de nombreux textes de référence sur des artistes qui furent aussi ses compagnons de route : Claude Viallat, André Fougeron, Gérard Fromanger, Bernard Rancillac, Jacques Monory ou Pierre Soulages.

C’est ce parcours à travers l’histoire de l’art et celle de ses idées que Bernard Ceysson retracera pour en rendre sensible toute la cohérence, mais aussi les paradoxes, en évoquant ses admirations et ses convictions de critique, ses prises de position théoriques, ses engagements à la direction d’un grand musée, ses expériences esthétiques ou ses convictions politiques.

Michel de M'Uzan


Michel de M'Uzan
Vendredi 17 juin à 19h30

à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)


Psychanalyste, Michel de M'UZAN est invité à raconter sa «fabrique des idées» en revenant sur son parcours intellectuel à travers ses préférences théoriques, ses expériences esthétiques, ses lectures, ses engagements dans la vie publique ou ses souvenirs personnels.

L’intérêt de l’œuvre de Michel de M’uzan tient à ce qu’elle s’inscrit, et comme création littéraire, et comme essai psychanalytique.

Il a en effet écrit d’un côté de brefs récits traitant d’une seule et même expérience : celle d’un sujet à la recherche de ce qui fonde son identité. Quête énigmatique, infiniment labile. Ses différents héros, à l’écart de toute psychologie traditionnelle interrogent le monde sensible, ses enveloppes, ses interstices. Dans le sillage de Nerval, il fait apparaître un quotidien proprement fantastique où l’étrangement inquiétant n’a jamais valeur de décor mais porte la trace de celui qui parle.

D’un autre côté, il a élaboré une pensée psychanalytique originale inspirée par le souci constant des métamorphoses de la psyché qui reste, comme sa création littéraire, imprégnée d’un esprit esthétique et réfléchit une conception artistique de la psychanalyse. Pour cet auteur, pratiquer l’analyse équivaut véritablement à pratiquer un « art ». Il s’agit, sous l’effet d’une « compulsion de symbolisation » qui lui est propre, de permettre au patient d’accéder à « une liberté créatrice ». Même les situations de détresse majeure sont tenues par lui comme « des œuvres à achever ». Contrevenant au but de la thérapeutique médicale « de rétablir un état antérieur », il définit le dessein analytique comme un regard qui se porte en avant, « puisque l’objectif est que devienne actuel ce qui n’était que potentiel, que s’affirme une liberté qui n’était que virtuelle, bref que s’établisse ce qui n’a jamais existé ».

De ce parcours intellectuel foisonnant, de cette intrication de références théoriques multiples, Michel de M’Uzan nous dira en quoi ils ont institué une « fabrique des idées ».

Michel de M’Uzan est membre titulaire de la société psychanalytique de Paris, ancien directeur de l’institut de psychanalyse. Il a fondé avec Pierre Marty, Christian David et Michel fain, l’Institut de psychosomatique de paris (IPSO).

Outre de nombreux articles et textes parus dans des revues psychanalytiques ou littéraires contemporaines, des adaptations théâtrales et une Anthologie du délire, Monaco, Ed. du rocher, 1956, M. De M’Uzan a publié:

Les chiens des rois, Gallimard, en 1954
Le rire et la poussière, Gallimard, en 1962
Celui-là, Grasset en 1994
De l’art à la mort, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient » 1994, et « Tel » 1994
La bouche de l’inconscient, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient », 1994

On trouvera dans l’essai que Murielle Gagnebin lui a consacré ( in Michel de M’uzan, collection « Psychanalystes d’aujourd’hui », PUF, 1996) une bibliographie complète de cette œuvre considérable.

Texte de Jean-Claude Rolland.


Nous remercions vivement la Bibliothèque Municipale de Lyon de nous soutenir et d'acueillir cette séance; nous remercions L'Elysée et la librairie "Le bal des ardents" d'avoir accueilli les précédentes et de rester présent à nos côtés pour la suite.

12.09.2005

Bernard Lahire


Bernard Lahire
le vendredi 8 avril 2005
de 18h30 à 20h30
à la librairie / galerie Le Bal des Ardents.
17, rue Neuve - Lyon 1er - Métro Hôtel de Ville
Entrée libre.


Sociologue, Bernard Lahire est invité raconter sa «fabrique des idées» en revenant sur son parcours intellectuel et scientifique à travers ses préférences théoriques, ses expériences esthétiques, ses lectures, ses engagements dans la vie publique ou ses souvenirs personnels.

Né à Lyon en 1963, Bernard Lahire est Professeur de sociologie à l'École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines et directeur du Groupe de Recherche sur la Socialisation. Il a été professeur de sociologie à l'Université Lumière Lyon 2 et membre de l'Institut Universitaire de France (1995-2000). Il dirige la collection « Laboratoire des sciences sociales » aux Éditions La Découverte, il est membre des comités de rédaction des Cahiers internationaux de sociologie et de la revue Éducation et Sociétés.

Bernard Lahire a publié une dizaine d'ouvrages dont Tableaux de familles. Heurs et malheurs scolaires en milieux populaires (Gallimard/Seuil, 1995), L'Homme pluriel. Les ressorts de l'action (Nathan, 1998), L'Invention de l'« illettrisme ». Rhétorique publique, éthique et stigmates (La Découverte, 1999), Le Travail sociologique de Pierre Bourdieu. Dettes et critiques (sous la dir., La Découverte, 1999), Portraits sociologiques. Dispositions et variations individuelles (Nathan, 2002), À quoi sert la sociologie ? (sous la dir., La Découverte, 2002), La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi (La Découverte, 2004)

L'esprit sociologique (La Découverte, 2005) est son dernier livre. Extrait de la quatrième de couverture:
"Qu'est-ce que penser et connaître en sociologue ? Pourquoi un regard scientifique sur le monde social est-il si important à construire, à défendre et à transmettre ? Voilà des questions auxquelles Bernard Lahire s'efforce de répondre dans un livre animé par le désir de dire, le plus précisément possible, ce que fait le sociologue pour produire une connaissance savante sur le monde social.

Issu d'une réflexion sur le travail d'interprétation sociologique mis en oeuvre sur des données de nature différente, ce livre aborde des questions centrales dans l'apprentissage de l'esprit sociologique : la description, l'interprétation et la surinterprétation, l'usage sociologique des analogies, les rapports entre objectivation sociologique et critique sociale, entre l'ordre de la pratique et l'ordre du discous, entre sociologie et littérature, etc."

« La fabrique des idées » est un atelier public sur les idées contemporaines à Lyon qui présente en 2004/2005 un premier cycle de rencontres autour de parcours d’intellectuels. Sciences humaines et sociales, littérature et psychanalyse y sont invitées à dialoguer, hors les murs de l’université et des lieux académiques. Une assistance limitée à un cinquantaine de personnes et un dispositif sans estrade ont été choisis afin de favoriser la liberté de ton et de parole ainsi que la rigueur des raisonnements.

Nous remercions vivement "Le Bal des Ardents" d'accueillir cette séance de reprise; nous remercions L'Elysée d'avoir accueilli les précédentes et de rester présent à nos côtés pour la suite.

11.09.2005

Chantal Thomas


Le 14 mai dernier, André Green avait choisi de répondre à cettequestion à travers une lecture de Charles Baudelaire éclairant d'unelumière singulière le dialogue entre psychanalyse et littérature.

Nous vous invitons à suivre un parcours intellectuel tout aussi libreet exigeant, entre critique, fiction, histoire et autobiographie avecla "Fabrique des idées" de:

Chantal Thomas
le vendredi 11 juin 2004 à 18h00
à l'Elysée - Théâtre
Lyon 7e

Directrice de recherches au CNRS, ancienne élève de Roland Barthes,Chantal Thomas a publié de nombreux essais sur Sade, Casanova, ThomasBernhard et Marie-Antoinette. Auteur de deux essais très personnelsComment supporter sa liberté et Souffrir, Chantal Thomas a reçu en2002 le prix Femina pour son roman Les Adieux à la Reine. Elle vientégalement de publier un court récit : L'Ile flottante.

L'Elysée14, rue Basse Combalot - Lyon 7e - Métro Guillotière.

9.09.2005

Pierre Vidal-Naquet


ANNULE

Nous vous invitons cette semaine à suivre le troisième chapitre du cycle "Parcours d'intellectuels" initié par André Green et Chantal Thomas, avec la venue à Lyon de:

Pierre Vidal-Naquet,
le 24 septembre 2004,
de 18h à 20h
à l'Elysée Théâtre

Historien de l'Antiquité, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, Pierre Vidal-Naquet est aussi l'auteur d'une oeuvre marquée par ses engagements d'intellectuel contre la torture en Algérie et le négationnisme. Né en 1930 dans une famille juive du Venaissin, il échappe à la déportation le 15 mai 1944, lors de l'arrestation de ses parents. Lycéen, il est un lecteur passionné des tragédies grecques et classiques. Après la découverte de l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau puis du surréalisme, L'étrange défaite de Marc Bloch est l'un des livres à l'origine de sa vocation d'historien. Agrégé de l'Université, il mène un travail sur la Grèce antique inspiré par sa connaissance de Platon et la lecture de Georges Dumézil et de Claude Lévi-Strauss. En 1958, Pierre Vidal-Naquet signe le Manifeste des 121, appel à la désobéissance contre la guerre d'Algérie, ce qui lui vaut une suspension d'enseignement. En mai de la même année, à la demande de Jérôme Lindon, Pierre Vidal-Naquet publie L'affaire Audin, l'histoire d'un jeune mathématicien communiste, professeur à Alger, qui a choisi de soutenir le F.L.N et qui meurt à la suite de sonarrestation par l'armée française. Militant anticolonialiste, Pierre Vidal-Naquet a écrit des ouvrages comme La raison d'état et La torture dans la République avant de publier Les Assassins de la mémoire contre le négationnisme et le révisionnisme. Il est aussi l'auteur de livres sur Jean Moulin et de nombreux témoignages sur son propre parcours.

L'Elysée14, rue Basse Combalot - Lyon 7e - Métro Guillotière.

8.09.2005

André Green


André Green
le 14 mai 2004
18h00-20h00
Elysée - Théâtre
Dernier et quatrième d'une fratrie dont l'ainée a quinze ans de plus, André Green est né au Caire le 12 mars 1927, à l'époque coloniale de l'entre-deux guerres, au Levant franco-britannique (Égypte, Liban, Palestine et Syrie), comme ces artistes du spectacle: Claude François, Dalida, Omar Sharif et beaucoup d'autres qui ont eu leurs heures de gloire à Paris dans les années 50-60. Dans cette bourgeoisie coloniale cosmopolite cairote, il était de règle pour les enfants de fréquenter le lycée français du Caire, d'avoir le français comme langue première et l'anglais comme langue seconde, tandis que l'arabe est d'usage seulement dans les rapports avec les "indigènes".

À ce cosmopolitisme colonial s'ajoute le cosmopolitisme familial des parents séfarades ibériques, portugais du côté paternel et espagnol du côté maternel. Le vernis yiddish ou ashkenaze (Grünn ou Green) du patronyme demeure encore une énigme des changements de nom. Ces cosmopolitismes conduisent à l'ouverture internationale et interdisciplinaire, aux interpénétrations culturelles et à l'éclectisme intellectuel.
Orphelin à quatorze ans d'un père, patriarche méditerranéen, assez distant dans les débats intellectuels philosophiques et scientifiques, malgré la proximité affective dont il s'est déclaré être le seul de la fratrie à connaître l'indulgence et la tolérance. La sensibilité maternelle semble être déterminante dans sa vocation psychiatrique. Elle mourut quand il avait vingt trois ans, émigré en France à Paris, étudiant à la Faculté de Médecine.

Les études secondaires au lycée français du Caire l'a placé à la fois dans les philosophies et les sciences et, pour des raisons pratiques, il opta pour la médecine et particulièrement la psychiatrie, dans la stratégie double paradoxale du compromis qui consiste à faire à la fois les sciences et les philosophies dans l'unité de temps et de lieu.

En 1945, à 18 ans, avec un "bachot" (baccalauréat de l'enseignement secondaire) en poche et un certificat d'études supérieures propédeutiques en médecine PCB (Physique, Chimie, Biologie), il quitta l'Égypte pour la France et arriva dans ce Paris tourbillonnant, brouillon et bouillonnant de l'immédiat après-guerre, de Saint-Germain-des-Près et de l'existentialisme sartrien.

La médiocrité et la tristesse de l'enseignement universitaire dont il a subi durant ses premières années de médecine l'orientèrent de la psychiatrie à la psychanalyse où "les psychanalystes sont des artisans, ils travaillent à la pièce", en refusant la dictature et la morosité institutionnelles des mandarinats hospitaliers, après avoir passé ses années d'internat dans les années 50 à l'hôpital psychiatrique Ste-Anne à Paris qui, en plus d'un salaire, lui a permis d'être en contact à fois avec la réalité hospitalière de la maladie mentale et avec la réalité de très grands talents des disciplines et des domaines connexes de la psychiatrie et de la psychologie.

Ce fut son œuvre "la psychiatrie comme objet de pensée", au moment où de l'autre côté de l'Atlantique Gregory Bateson pensa l'esprit en termes cybernétiques et systémiques de traitement de l'information et d'énergie collatérale. Cette ouverture s'est manifestée par l'invitation au séminaire de 1966 organisé par l'Institut de Psychanalyse de Paris de Jacques Derrida, René Girard et Michel Serres qui ont pour point commun, langue, langage et communication.

René Girard enseignait encore à l'Université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland) où Anthony Wilden produisait avec Jacques Lacan "Speach and Language in Psychoanalysis" en 1968, par et à travers lequel le premier traduisait, critiquait et introduisait le second dans le monde anglo-saxon. Michel Serres allait commencer en 1969 sa série "Hermès" avec "La communication".

Ce refus fut érigé en éthique et l'objet de controverse et disputation avec Jacques Lacan, particulièrement sur le point où la situation de l'analyse qui accorde à l'analyste un pouvoir considérable, parce qu'il est objet de transfert et où tout le jeu de l'analyse et toute l'éthique de l'analyste consistent à refuser ce pouvoir et à analyser seulement. Se servir de ce pouvoir est criminel et s'en servir pour de "bonnes raisons" est encore plus criminel.

Ces années d'internat ambulant à travers différents hôpitaux de la région parisienne lui a permis de rencontrer une figure marquante, Henri Ey, devenu un père supplétif et suppléant dans des débats intellectuels et moraux. Ensuite, Ey organisa des conférences qui ont permis aux jeunes psychiatres de s'ouvrir à d'autres horizons et leur ont donné le goût de grandes fêtes psychiatriques de débats, ouvertures et rencontres, comme les journées de Bonneval dont André Green s'est inspiré pour organiser ses journées de la Société Psychanalytique de Paris en 1989 à l'UNESCO. Au cosmopolitisme colonial et familial cairotes s'est ajouté le cosmopolitisme et l'éclectisme intellectuels de Ste-Anne.

En 1955, première rencontre avec Jacques Lacan à L’Hôpital Psychiatrique Ste-Anne. En 1957, Green rencontre Donald Winnicott et Wilfred Bion au Congrès de psychanalyse de Paris. Cette rencontre s'avérera déterminante pour son élaboration de l'état-limite dont on verra la reformulation de Bion du schéma Kleinien et la contribution des travaux de Donald Winnicott à l'idée de l'état-limite. En 1956-1960, psychanalyse avec Maurice Bouvet. En 1961, Green commence à assister aux séminaires de Lacan. En 1962-1963, Green donne des conférences sur Lacan à l'École pratique des hautes études dans le cadre des séminaires de Roland Barthes.

En 1966, séminaire à l'Institut de Psychanalyse de Paris avec Derrida, Detienne, Girard, Serres, Vernant comme invités. En 1965, Green fut élu membre titulaire de la Société de Psychanalyse de Paris et rupture avec Lacan en 1967. En 1970-1977, Green dirige l'Institut de Psychanalyse de Paris, sa nouvelle constitution et sa réforme démocratiques. Depuis 1977, Green, dirige, préside et anime différents regroupements, sociétés et congrès de psychanalyse.

André Green ("Un psychanalyste engagé", p. 95, Calmann Levy, Paris, 1994), dans ses conversations avec Manuel Macias, avoue avoir voulu entretenir la "machine intellectuelle" en assurant en même temps les fonctions cliniques et thérapeutiques à plein temps pour gagner sa vie. Les particularités du mouvement psychanalytique français, d'une part, a interpellé sa tendance (“Trieb” qui donne “trend” anglais: pulsion ou simplement désir) cosmopolitique à l'ouverture internationale et interdisciplinaire et, d'autre part, "après la lourde astreinte du travail psychanalytique, le travail intellectuel a quelque chose de détendant " (op. cit. 1994, p. 95), le travail intellectuel de lecture et d'écriture a été une source de plaisir et surtout d'excitation.
Voici quelques parutions sélectionnées dans la bibliographie d'André Green, en délaissant les articles qui sont préparatoires aux livres et souvent bien plus féconds.

En 1969, "Un œil en trop. Le complexe d'Oedipe dans la tragédie", Édition de Minuit, Paris. Comme René Girard invité au séminaire de l'Institut de psychanalyse de Paris en 1966 , relecture de la littérature avec un autre éclairage.

En 1973, "Le discours vivant. La conception psychanalytique de l'affect", PUF, Paris. Développement de l'idée d'affect qui fait de Green "l'homme de l'affect" en France.

En 1982, "Hamlet et Hamlet: une interprétation psychanalytique de la représentation", Balland, Paris. Ce n'est pas seulement une lecture psychanalytique de Hamlet, mais une lecture psychanalytique de la représentation, permettant de lier la représentation théâtrale à la problématique des représentations inconsciente et consciente et aux limites du représentable.

En 1983, "Narcissisme de la vie, narcissisme de mort", Édition de Minuit, Paris.
En 1984, "Le langage dans la psychanalyse", dans "LANGAGES", Les belles lettres, Paris.
En 1990, "La folie privée. Psychanalyse des cas limites", Gallimard, Paris. Développement du concept de limite et du cas-limite ou "border line", comme état, et non seulement un passage ou un "mélange confus" névrose-psychose. Le sous-titre est beaucoup plus éclairant.

Comme dans l'optique géométrique des images virtuelle et réelle, la limite n'est pas seulement une frontière qui s'ouvre et se ferme sélectivement ou non, un passage ou un entre-deux, entre virtuel et réel, mais un état de latence par rapport au manifeste, comme dans un microscope où l'image virtuelle formée par l'objectif est rendue réelle par l'oculaire.

Ainsi, le titre éclairant de "folie privée" mettrait en contraste le latent ou virtuel au manifeste ou réel, en parallèle avec le privé et le public et la folie privée latente par rapport à la folie publique manifeste. Alors, le "cas-limite" serait une pathologie en soi ou une forme de pathologie virtuelle. Le sous-titre est encore plus éclairant, en annonçant une "psychanalyse des cas limites", une étude psychanalytique de ce phénomène posé comme problème.