1.09.2006

J.B. Pontalis



J.B. PONTALIS
le vendredi 24 février à 19h30
à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)
Entrée libre.

Psychanalyste, éditeur et écrivain, essayiste et romancier, J.B. Pontalis reviendra sur son itinéraire qui, depuis ses débuts aux côtés de Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty ou Jacques Lacan, marque la vie intellectuelle française d’une empreinte très personnelle.

Quelques repères biographiques:

1924 : Naissance à Paris.

1945 : Diplôme d’études supérieures de philosophie.

1946-1948 : Premières expériences dans la radio, l’enseignement, la littérature et le cinéma ; début de la collaboration à la revue Les Temps modernes avec Jean-Paul Sartre.

1948-1952 : Agrégation de philosophie. Professeur à Alexandrie, Nice et Orléans.

A partir de 1953 : Détaché au CNRS sous la direction de Daniel Lagache et Maurice Merleau-Ponty.

Entreprend une « analyse didactique » avec Jacques Lacan.

Début du travail avec Jean Laplanche pour la publication, en 1967, du Vocabulaire de la psychanalyse.

Participe au « Comité des intellectuels contre la guerre d’Algérie » et signe le « Manifeste des 121 ».

1964 : Fondation de l’Association psychanalytique de France (APF). Membre du Comité de direction de la revue Les Temps modernes.

Chargé de conférences à l’école pratique des Hautes Etudes.

1966 : Création de la collection « Connaissance de l’inconscient », Gallimard.

1969 : Démission des Temps modernes.

1970 : Fondation de la Nouvelle Revue de psychanalyse avec notamment Didier Anzieu, André Green, Jean Pouillon ou Jean Starobinski.

1979 : Entrée au Comité de lecture de Gallimard.

1980 : Publication du premier volume de la revue annuelle Le temps de la réflexion.

1989 : Création de la collection « L’un et l’autre », Gallimard.

1994 : Cinquantième et dernier numéro de la Nouvelle Revue de psychanalyse.

Petite bibliographie sélective :

Après Freud, Gallimard, Les Essais, 1968 ; Idées ; Tel, 1993 ; Entre le rêve et la douleur, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1977 ; Tel ; Loin, récit, Gallimard, 1980 ; Folio ; Fantasme originaire, fantasmes des origines, origines du fantasme, avec Jean Laplanche, Hachette, 1985 ; Pluriel ; L’Amour des commencements, Gallimard, 1986, Prix Femina-Vacaresco ; Folio ; Perdre la vue, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1988 ; Folio Essais ; La Force d’attraction, Le Seuil, 1990 ; Points Essais ; Un homme disparaît, Gallimard, 1996 ; Folio ; Ce temps qui ne passe pas suivi de Le Compartiment de chemin de fer, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1997 ; Folio Essais ; L’Enfant des limbes, Gallimard, 1998 ; Folio ; Fenêtres, Gallimard, 1999 ; Folio ; En marge des jours, Gallimard, 2002 ; Folio ; Traversée des ombres, Gallimard, 2003, Prix Valery Larbaud, 2004 ; Folio ; Le Dormeur éveillé, Mercure de France, 2004.

Et une citation :

« Parler boutique, j’y consens. Mais la psychanalyse m’assomme quand elle entre, sans y être invitée, en tout lieu, s’affirme comme interprétation de toutes les interprétation possibles. Je revendique pour tout à chacun non le refuge dans l’ininterprétable mais un territoire, aux frontières mouvantes, de l’ininterprété. A quoi bon nous avoir invités à nous délier la langue si c’est pour l’enchaîner à une autre que plus rien n’anime, sinon le désir, si fort, d’imposer le mot : tu ne dis pas ce que tu crois dire, tu es ce que je dis. »
J.B. Pontalis, in L’amour des commencements, Gallimard.

Enfin, nous sommes heureux de vous annoncer le prochain rendez-vous de la Fabrique des idées avec :
Bernard CEYSSON

le vendredi 14 avril à 19h30
à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)
Entrée libre

Bernard Ceysson, historien de l’art, est invité à revenir sur son parcours exceptionnel aux côtés des peintres et artistes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle.

Directeur du musée d’Art moderne de Saint-Étienne dès 1977, Bernard Ceysson a été le commissaire d’expositions qui ont fait date avec notamment Nouvelle Peinture en France : pratiques, théories en 1973, Après le classicisme en 1980, Mythe, Drame, Tragédie en 1982, L'Art en Europe, les années décisives : 1945-1953 en 1988, L’Écriture griffée en 1990 ou encore Support-Surface en 1991.

Depuis ses années de formation à Lyon et à Saint-Étienne jusqu’à la direction du Musée national d’Art moderne de Paris en 1986-1987 et son travail à la Fondation Musée d'Art moderne Grand-Duc Jean au Luxembourg à la fin des années 1990, Bernard Ceysson est à la fois un acteur et un grand témoin de tous les courants esthétiques et idéologiques qui ont traversé les arts plastiques depuis les années 1960 jusqu’à nos jours.

Son itinéraire intellectuel est aussi celui d’un militant de l’art de notre temps à travers colloques et catalogues : passionné par les sculpteurs de la Renaissance autant que par les avant-gardes européennes ou la peinture américaine d’après-guerre, il a publié de nombreux textes de référence sur des artistes qui furent aussi ses compagnons de route : Claude Viallat, André Fougeron, Gérard Fromanger, Bernard Rancillac, Jacques Monory ou Pierre Soulages.

C’est ce parcours à travers l’histoire de l’art et celle de ses idées que Bernard Ceysson retracera pour en rendre sensible toute la cohérence, mais aussi les paradoxes, en évoquant ses admirations et ses convictions de critique, ses prises de position théoriques, ses engagements à la direction d’un grand musée, ses expériences esthétiques ou ses convictions politiques.

Michel de M'Uzan


Michel de M'Uzan
Vendredi 17 juin à 19h30

à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)


Psychanalyste, Michel de M'UZAN est invité à raconter sa «fabrique des idées» en revenant sur son parcours intellectuel à travers ses préférences théoriques, ses expériences esthétiques, ses lectures, ses engagements dans la vie publique ou ses souvenirs personnels.

L’intérêt de l’œuvre de Michel de M’uzan tient à ce qu’elle s’inscrit, et comme création littéraire, et comme essai psychanalytique.

Il a en effet écrit d’un côté de brefs récits traitant d’une seule et même expérience : celle d’un sujet à la recherche de ce qui fonde son identité. Quête énigmatique, infiniment labile. Ses différents héros, à l’écart de toute psychologie traditionnelle interrogent le monde sensible, ses enveloppes, ses interstices. Dans le sillage de Nerval, il fait apparaître un quotidien proprement fantastique où l’étrangement inquiétant n’a jamais valeur de décor mais porte la trace de celui qui parle.

D’un autre côté, il a élaboré une pensée psychanalytique originale inspirée par le souci constant des métamorphoses de la psyché qui reste, comme sa création littéraire, imprégnée d’un esprit esthétique et réfléchit une conception artistique de la psychanalyse. Pour cet auteur, pratiquer l’analyse équivaut véritablement à pratiquer un « art ». Il s’agit, sous l’effet d’une « compulsion de symbolisation » qui lui est propre, de permettre au patient d’accéder à « une liberté créatrice ». Même les situations de détresse majeure sont tenues par lui comme « des œuvres à achever ». Contrevenant au but de la thérapeutique médicale « de rétablir un état antérieur », il définit le dessein analytique comme un regard qui se porte en avant, « puisque l’objectif est que devienne actuel ce qui n’était que potentiel, que s’affirme une liberté qui n’était que virtuelle, bref que s’établisse ce qui n’a jamais existé ».

De ce parcours intellectuel foisonnant, de cette intrication de références théoriques multiples, Michel de M’Uzan nous dira en quoi ils ont institué une « fabrique des idées ».

Michel de M’Uzan est membre titulaire de la société psychanalytique de Paris, ancien directeur de l’institut de psychanalyse. Il a fondé avec Pierre Marty, Christian David et Michel fain, l’Institut de psychosomatique de paris (IPSO).

Outre de nombreux articles et textes parus dans des revues psychanalytiques ou littéraires contemporaines, des adaptations théâtrales et une Anthologie du délire, Monaco, Ed. du rocher, 1956, M. De M’Uzan a publié:

Les chiens des rois, Gallimard, en 1954
Le rire et la poussière, Gallimard, en 1962
Celui-là, Grasset en 1994
De l’art à la mort, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient » 1994, et « Tel » 1994
La bouche de l’inconscient, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient », 1994

On trouvera dans l’essai que Murielle Gagnebin lui a consacré ( in Michel de M’uzan, collection « Psychanalystes d’aujourd’hui », PUF, 1996) une bibliographie complète de cette œuvre considérable.

Texte de Jean-Claude Rolland.


Nous remercions vivement la Bibliothèque Municipale de Lyon de nous soutenir et d'acueillir cette séance; nous remercions L'Elysée et la librairie "Le bal des ardents" d'avoir accueilli les précédentes et de rester présent à nos côtés pour la suite.