1.04.2008

Jean-Luc Nancy

Jean-Luc NANCY

à l'occasion de l'exposition "Le plaisir au dessin" au Musée des Beaux-Arts de Lyon

le vendredi 11 janvier 2008

18h30 - 20h00

Salon de thé du musée.

Musée des Beaux-Arts de Lyon
20, place des Terreaux - Lyon 1e

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.


Né en 1940, agrégé et docteur d’état en philosophie, Jean-Luc Nancy est professeur émérite à l’Université Marc Bloch de Strasbourg, où il a enseigné tout en étant régulièrement professeur invité de plusieurs Universités étrangères. Parmi ses travaux, à côté des thèmes de la communauté, du Corps et de l’Adoration, la réflexion sur les arts et le travail avec des artistes occupent une place importante.

Jean-Luc Nancy a également écrit sur ou avec des artistes, des poètes, des photographes. Il a commenté des oeuvres célèbres (du Caravage, de Simon Vouet, de Pontormo), il a collaboré à une chorégraphie de Mathilde Monnier et il a travaillé sur le cinéma de Kiarostami.




L'association "La Fabrique des idées" a besoin de votre soutien afin de poursuivre ses activités.

La cotisation 2008 a été fixée à 20 euros.

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Philip Short


La fabrique des idées a l'immense plaisir de vous inviter à une rencontre avec le journaliste et historien anglais:

Philip SHORT

à l'occasion de la parution en France de son livre, "Pol Pot. Anatomie d'un cauchemar"

le lundi 4 juin 2007

19h00 - 20h00

à la librairie "Le bal des ardents"

17, rue Neuve - Lyon 1er

Métro Hôtel de Ville

Entrée libre et gratuite




Philip Short est né en 1945 à Bristol, en Angleterre, il vit et travaille actuellement en France. Journaliste correspondant pour la BBC et « The Times » en Afrique de 1967 à 1973, Philip Short a été le correspondant permanent de la BBC à Moscou (1974 - 1976), Pékin (1977 - 1981), Paris (1981 - 1990), Tokyo (1990 - 1995) et Washington (1996 - 1997).

Philip Short est l'auteur de nombreux ouvrages, dont une biographie de référence de Mao Tsé-Toung publiée en France aux éditions Fayard en 2005. Cet ouvrage, a été sélectionné pour le Los Angeles Times Book Prize, comme l’une des 5 meilleures biographies publiées aux USA en 2000.

"Pol Pot, anatomie d'un cauchemar" est son dernier livre publié en France, traduit de l'anglais par Odile Demange, aux éditions Denoël. Il a été sélectionné pour le Kiriyama Pacific Rim Book Prize comme l’une des 5 meilleures biographies ayant trait à l’Asie en 2005.



Ce livre important a fait l'objet d'une chronique de Laurent JOFFRIN dans le Cahier Livres de Libération, la semaine dernière. Nous invitons, en forme d'introduction à cette rencontre, à prendre connaissance de cet article:


"C'était un adolescent de bonne famille, un peu timide, mais aussi rieur et séduisant. Il était si populaire parmi les jeunes filles du harem princier il fréquentait le palais qu'elles n'hésitaient pas, de temps en temps, à lui prodiguer en douce quelques caresses licencieuses. Charmeur, Saloth Sar le fut toute sa vie. Mais quand le Cambodge tomba sous sa coupe, il devint l'un des plus grands criminels du siècle. On le connaît mieux, aujourd'hui, sous le nom de Pol Pot.

Son histoire est aussi celle de la gauche cambodgienne des années 50, qui voulait réaliser l'utopie de Marx et imposa, en pire, celle d'Orwell. L'Angkar de Pol Pot, «l'Organisation», plus sanglante encore que celle de Big Brother, massacra environ un million de personnes sur sept millions d'habitants pour assouvir la passion révolutionnaire d'une poignée de dirigeants. Dans un livre qui se lit comme le roman d'une des grandes tragédies de l'humanité, fondé sur des centaines d'heures d'entretien avec les protagonistes, Philip Short dévoile le processus qui a conduit quelques anciens étudiants frêles et souriants à soumettre leur peuple à un régime inhumain. Il faut le méditer. Il nous fait comprendre où mènent les utopies quand elles ne sont pas tempérées par cet humanisme des Droits de l'homme dont beaucoup d'intellectuels occidentaux affectent encore de se moquer.

Au commencement était un petit royaume asiatique, féodal et pacifique, qui luttait pour son indépendance. Au sortir de la guerre, la France coloniale accorda une large autonomie au prince héritier des souverains d'Angkor, Sihanouk, ce jeune homme retors et fantasque dont le drôle de rire est devenu célèbre dans le monde entier. Pour se concilier les futures élites, le prince octroyait des bourses d'études aux étudiants les plus méritants. C'est ainsi que le jeune Saloth Sar, quoique assez médiocre, se retrouva avec une petite communauté cambodgienne dans le Paris des années 50, entre le Tabou Club et la cité universitaire du boulevard Jourdan, allant des clubs enfumés où se produisaient Gréco et Claude Luter aux librairies obscures du V e arrondissement. Fort de l'immense prestige de l'URSS, le marxisme stalinien étendait sur tous ces cercles son ombre tutélaire, mélangé en l'occurrence d'un nationalisme cambodgien façonné par la tradition khmère et le bouddhisme paysan. Cette mixture idéologique fut la matrice du Parti communiste cambodgien que fondèrent Saloth Sar, Kieu Samphan, Son Sen et quelques autres peu après leur retour au Cambodge. Jamais ceux-là n'auraient dû arriver au pouvoir. Faibles, isolés, sans talent ni culture politique, ils furent projetés en avant par la tragique ironie de la guerre. Tout à leur stratégie indochinoise, les Etats-Unis d'Henry Kissinger, qui avaient érigé le crime de guerre en instrument de gouvernement, déversèrent sur le petit royaume plus de bombes que sur l'Allemagne nazie, dans le vain espoir de détruire les bases arrière du Viêt-cong et d'éradiquer la guérilla. Frustrés par leurs échecs, ils finirent par favoriser le renversement de Sihanouk, remplacé par son chef d'état-major Lon Nol, général cruel et corrompu qui fut incapable de gouverner le pays tout comme de battre les révolutionnaires de Saloth Sar réfugiés dans les montagnes. Les chefs de la guérilla étaient fascinés par l'austérité originelle des petites communautés paysannes qu'ils contrôlaient. C'est ainsi qu'un jour de gloire et de terreur de 1975, après la débâcle américaine dans la péninsule, les petits hommes vêtus de noir et chaussés de sandales taillées dans des pneus, pénétrèrent dans les rues vénérables de la capitale khmère.
Saloth Sar prit le nom de Pol Pot et réunit la direction du Parti pour un long séminaire. Entre-temps, les Khmers rouges, galvanisés par une mystique de la table rase, avaient brutalement vidé Phnom Penh, chassant les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards et les malades, vers la famine, les maladies tropicales et la schlague des guérilleros souvent imberbes recrutés dans les villages. Toute une humanité innocente expiait le crime d'avoir vécu dans ces cités corrompues par le capitalisme.

Du séminaire de Pol Pot, tenu dans une ancienne pagode, journées de décisions utopiques et nuits sur des lits de camp, sortit un projet de communisme extrême, sans propriété privée, sans monnaie et sans industrie, tout entier tourné vers les communautés paysannes frugales et égalitaires, où les hommes de l'Angkar, changés en kapos rouges, avaient droit absolu de vie ou de mort sur quiconque s'écartait un tant soit peu du mode vie agressivement collectiviste et puritain défini par l'Angkar. Philip Short décrit minutieusement cet enfer sur terre bâti au nom de l'avenir radieux. La violence inhérente à la culture cambodgienne explique une partie de la barbarie khmère rouge, prisonniers torturés et mutilés, femmes éventrées et suspects enterrés vifs comme dans l'ancien royaume d'Angkor. Mais c'est surtout l'effroyable distance entre la simple réalité humaine du pays et le projet fou tiré de livres mal lus dans les bibliothèques parisiennes Kropotkine, Lénine ou Staline qui explique le génocide. Libérés de tout scrupule par le cynisme léniniste, les paysans guerriers au foulard rouge comblèrent le fossé entre utopie et réalité par la terreur, redoublant de violence au fur et à mesure que les faits têtus échappaient à l'autorité de leurs slogans imbéciles. L'abolition de la monnaie et de la propriété privée fit plonger la production. L'égalitarisme brutal découragea tout zèle et toute initiative. Imitée de la révolution culturelle chinoise, la chasse aux intellectuels et aux techniciens acheva de détruire compétence et productivité dans l'économie. Le Cambodge plongea dans la famine et la misère pendant que l'Angkar attribuait ces échecs successifs au complot imaginaire d'ennemis du peuple innombrables et parfaitement innocents, qu'on martyrisait dans des supplices raffinés ou expéditifs pour exempter la merveilleuse utopie de toute responsabilité dans le désastre.

L'invasion vietnamienne d'un pays ruiné et anémié par le communisme extrême de Pol Pot mit fin au cauchemar. Les Khmers rouges reprirent le sentier de la jungle et survécurent encore une décennie avant de se dissoudre au plus profond des forêts. Pol Pot passa tout ce temps de campement en campement, protégé par une garde personnelle, bien nourri et bien vêtu, agitant sans fin ses projets déments de revanche militaire et politique, sans jamais se départir de son sourire bienveillant, ni prononcer une seule fois le moindre regret. Il mourut tranquillement sous le feuillage clément d'une clairière, persuadé que l'utopie qu'il avait illustrée de manière aussi inhumaine lui survivrait et continuerait de faire rêver les hommes. Il n'est pas certain, malgré le million de martyrs, la guerre de trente ans qui a ravagé le royaume, le visage déformé des suppliciés dont on tente de conserver la mémoire, qu'il se trompe entièrement. La passion de la révolution égalitaire n'a pas de mémoire. D'où la précieuse utilité du livre de Philip Short."

© Libération




La Fabrique des idées

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4.03.2007

Natalie Zemon Davis

Chers amis,

La fabrique des idées a l'immense plaisir de vous inviter à une rencontre exceptionnelle avec l'historienne américaine

Natalie Zemon Davis

le vendredi 20 avril 2007

18h30 - 20h30

aux Archives Municipales de Lyon


18, rue Dugas-Montbel - Lyon 2e

Entrée : Place des Archives
(gare de Perrache côté cours Charlemagne)

Entrée libre et gratuite

Natalie Zemon Davis est une pionnière de l’histoire culturelle et sociale aujourd'hui docteur honoris causa de plus de vingt-cinq universités à travers le monde.

Elle est actuellement professeur émérite de l'université de Princeton, où elle a enseigné pendant dix-huit ans.

Née en 1928, elle a débuté sa carrière d'historienne en France, en 1952, en travaillant à partir des archives municipales de Lyon

Natalie Zemon Davis a consacré l’essentiel de ses recherches à l’étude de la France moderne et de ses femmes (Essai sur le don dans la France du XVIe siècle, Le Seuil, 2003; Juive, catholique, protestante : trois femmes en marge au XVIIe siècle, Le Seuil, 1997) et co-dirigé le vol. 3 de l'Histoire des femmes de Georges Duby (Plon, 1991).

C’est en 1992 qu’elle a publié en France le livre qui l’a rendue célèbre auprès d’un large public, Le Retour de Martin Guerre.

Les éditions Payot-Rivages publient, le 11 avril 2007, son dernier essai, Léon l’Africain.

L’historien Denis Crouzet a récemment consacré à cette grande dame engagée un passionnant livre d’entretiens (L’Histoire tout feu tout flamme, Albin Michel, 2004) dont voici la présentation par l'éditeur:

« À rebours d'une conception classique de l'histoire, pour laquelle l'historien ne serait qu'un expert extérieur à son objet, toute l'oeuvre et la vie même de Natalie Zemon Davis opposent un autre «style» : celui d'une historienne mondialement reconnue pour ses études sur les XVIe et XVIIe siècles, qui dialogue avec les personnages qu'elle étudie, en cherchant à comprendre leur monde, leurs émotions, leurs mots, leurs gestes. Elle a en effet inventé un art particulier d'interroger le passé des temps modernes, le passé souvent âpre d'hommes et de femmes qu'elle s'efforce de tirer de l'oubli. De l'imposteur Arnaud du Tilh au vrai Martin Guerre, du système du don à la Renaissance à l'histoire des femmes, elle fait revivre une humanité plurielle de pensées et de pratiques, de sensibilités et d'espoirs, de souffrances et de malheurs, de simulations et d'émotions.

Dialoguant dans ce livre avec Denis Crouzet, professeur d'histoire du XVIe siècle à la Sorbonne, spécialiste réputé des guerres de Religion, elle raconte comment elle a toujours voulu faire de ses recherches une joie de la découverte, comment, en profondeur de ce plaisir, surgit aussi son histoire, celle d'une famille juive originaire d'Europe de l'Est qui s'intègre avec passion dans la grande terre américaine.

Elle relate encore dans quelle mesure sa propre vie, ses engagements de citoyenne et de femme sont pour elle un apprentissage continué de dépassement des certitudes, un enseignement l'engageant à écrire pour suggérer à ses lecteurs un message d'espérance, pour leur dire que l'histoire n'est jamais close, que le tragique peut toujours être contourné... »

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1.24.2007

Carlo Ginzburg

Carlo Ginzburg à Lyon le jeudi 15 février 2007 à 18h00
pour une des grandes conférences de l'Université de Lyon.

"Peur, révérence, terreur. Une approche oblique au présent".
Amphithéâtre Auguste Comte, Université Jean Moulin Lyon 3 à la Manufacture des Tabacs.
Entrée libre et gratuite au 18, Rue Rollet, Lyon 8e.

Dans les commentaires sur les attentats souvent sanglants qui se sont vérifié depuis 11 septembre 2001, on a parfois évoqué le nom de Hobbes, l'auteur du Leviathan. Est-ce que cette référence est légitime ? Est-ce que lire ou relire Hobbes peut nous aider à comprendre le monde, ce monde où nous vivons ? Est-ce que le monde où nous vivons peut nous aider à lire ou relire Hobbes dans une perspective nouvelle ? Le propos de Carlo Ginzburg vise à répondre à ces questions, et à en soulever d'autres, peut-être inattendues. Pour essayer de déchiffrer le présent - un présent faussement transparent - il faut parfois s'en détourner. Carlo GINZBURG

Le matin, de 10h à 12h 30, Carlo Ginzburg animera également un séminaire à l'ENS LSH sur ses récentes lectures de Machiavel.

Ce séminaire aura lieu dans la salle F 103.

Contact: Jean-Claude.Zancarini@ens-lsh.fr

10.31.2006

Le rêve et ses traductions

Journée des Libres Cahiers pour la Psychanalyse
"Le rêve et ses traductions"
le samedi 25 novembre 2006
au Musée des Beaux-Arts de Lyon
10h00 - 17h30

À l'occasion de la sortie du n° 14 de la revue intitulé "Regards sur le rêve", l'association "Libres Cahiers pour la Psychanalyse" organise une 5e journée sur la communication analytique.
avec:

Laurence Kahan
Bernard Chervet
Jean-Claude Rolland
Dominique Scarfone
François-René Martin
Jean-Michel Hirt
Directrice de discussion: Catherine Chabert
Directrice de discussion: Laurence Apfelbaum


Organisé en partenariat avec le Musée des Beaux-Arts de Lyon et les Éditions In Press.



BULLETIN D'INSCRIPTION (à imprimer)

Nom & Prénom: ___________________________________________
Adresse: _________________________________________________
Téléphone/Fax: ___________________________________________
E-mail: ___________________________________________________
fait à ________________________ le ________________ 2006

Signature:

A retourner à l'adresse suivante:

Association Libres Cahiers pour la Psychanalyse
Jean-Yves Tamet, 6 rue Marcel Gabriel Rivière - 69002 Lyon

accompagné d'un chèque de participation aux frais libellé à l'ordre de Association LCPP.


80 € (normal) 20 € (étudiant) 40 € (abonnés)

Une carte d'entrée accompagnée d'une attestation de règlement sera adressée par courrier.

Pour tout renseignement complémentaire :

alice.haberer@wanadoo.fr ou 06 81 44 56 01

9.19.2006

Jean-Claude Rolland à la Villa Gillet

Chers amis,

En attendant le reprise d'un programme de rencontres de La Fabrique des idées, nous avons le plaisir de vous informer d'une soirée organisée par la Villa Gillet autour de:

Jean-Claude Rolland

En dialogue avec Catherine Chabert et Jean-Philippe Antoine, philosophe et maître de conférence à l’Université Lyon 3

mercredi 4 octobre à 19h30 à la Villa Gillet (Lyon 4e)

à l'occasion de la parution de son livre Avant d’être celui qui parle (Gallimard)

« Quel rapport entretient le langage avec ce qu'on appelle assez improprement l'image ? Y a-t-il entre eux quelque accointance ou bien s'agit-il d'une rupture entre deux " registres " incompatibles? A quoi renonçons-nous en cessant d'être voyants? Et d'ailleurs, est-il vrai que nous cessions de l'être? Que gagnons-nous dans cet éventuel renoncement qui nous ferait devenir sujet parlant? Gain ou perte? C'est une question similaire que nous rencontrons quand nous abandonnons nos objets d'amour primaires qualifiés d'œdipiens pour pouvoir pleinement en investir d'autres. Alors devons-nous guérir du " don de voyance" comme nous nous efforçons de " guérir du mal d'aimer " ? » Jean-Claude Rolland

Jean-Claude Rolland est psychiatre et psychanalyste à Lyon. Il est l’auteur de Guérir du mal d’aimer (Gallimard, 1998) et vient de publier Avant d’être celui qui parle (Gallimard, 2006). Il est également l'un des fondateurs de La Fabrique des idées.


La Fabrique des idées.
www.la-fabrique-des-idees.org


INFORMATIONS PRATIQUES

----Renseignements et réservations-------
Villa Gillet, 25 rue Chazière – 69004 Lyon
Du lundi au vendredi de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 17h30 au 04 78 27 02 48 ou info@villagillet.net et http://www.villagillet.net
Réservations nécessaires. Attention : les réservations ne sont pas maintenues après 19h30.
----Accès aux personnes handicapées------
Rampe d’accès et ascenseur.
Nous vous invitons à nous signaler votre heure d’arrivée au moment de votre réservation afin que nous puissions vous accueillir dans les meilleures conditions.
----Accès à la Villa Gillet---------------
Bus et métro : Depuis Hôtel de Ville, bus 13 ou 18, arrêt Les Esses ; Métro ligne C, arrêt Croix-Rousse (descendre le boulevard de la Croix-Rousse jusqu’à la rue Chazière à droite. Direction Parc de la Cerisaie) / Depuis Croix-Rousse, bus 61, arrêt Résidence le Parc. Station Vélo’v à la sortie du parc de la Cerisaie.

----Prix des places------------------
Plein tarif : 3€
Étudiants, demandeurs d’emploi : 2€
Entrée libre pour les Amis de la Villa Gillet



6.08.2006

Le projet de la Fabrique

L’association « La fabrique des idées » organise à Lyon depuis 2004 un cycle de rencontres avec des intellectuels issus de différentes disciplines de sciences humaines invités à retracer leur parcours sous la forme d’un exposé libre, généralement suivi d’un dialogue avec un ou deux interlocuteurs.

L’esprit de ces rencontres qui se déroulent dans un climat plus amical qu’académique vise avant tout à rendre sensible la cohérence, ou les paradoxes, d’un itinéraire intellectuel singulier en revenant tout aussi bien sur le contexte des années de formation, les options théoriques de travail, les expériences esthétiques ou politiques, les influences et les affinités électives qui ont marqué un parcours. L’approche biographique et la libre association des souvenirs a souvent été privilégiée.

Nous avons ainsi eu le plaisir d’accueillir successivement André Green, Chantal Thomas, Bernard Lahire, Michel de M’Uzan, J.B. Pontalis ou Bernard Ceysson qui ont accepté de se livrer à l’exercice. Nous avons enfin reçu la romancière Marie Didier, le 2 juin 2006 au Musée des Beaux-Arts de Lyon à l’occasion de l’exposition « Géricault, la folie d’une monde » et de la parution de « Dans la nuit de Bicêtre ».

Afin de poursuivre l’aventure ainsi lancée sans aucune forme de subvention, « la fabrique des idées » s’est associée à un libraire indépendant (Le bal des ardents), un théâtre (L’Elysée), la Bibliothèque Municipale et le Musée des Beaux-Arts de Lyon qui ont accueilli les rencontres. Nous sommes à la recherche de nouveaux partenariats afin de pérenniser nos activités.

L’association est constituée d’une dizaine de membres actifs parmi lesquels Bruno Gelas, ancien président de l’Université Lyon II, Jean-Claude Rolland, psychanalyste, auteur et directeur de revue, Claude Burgelin, professeur de littérature contemporaine à l’Université Lyon II, Nicole Oury, psychiatre, François-René Martin, historien d’art chargé de mission à l’Ecole du Louvre, Marc Jampy, doctorant en histoire moderne, Jean-Yves Tamet, psychanalyste, Géraud Manhes, professeur de philosophie, François Pirola et Julien Rolland, chargés de mission à la Ville de Lyon, Martin Porter, universitaire, professeur d’anglais.

6.01.2006

Marie Didier



Marie Didier
le vendredi 2 juin à 18h30
au Musée des Beaux-Arts de Lyon

Palais Saint-Pierre - Entrée au 16, rue Edouard Herriot (69001)
Métro Hôtel de Ville
Entrée libre



Cette rencontre est organisée en partenariat avec le Musée des Beaux-Arts de Lyon dans le cadre de l'exposition "Géricault, la folie d'un monde" qui se tient jusqu'au 31 juillet 2006, à l'occasion de la parution du quatrième roman de Marie Didier, "Dans la nuit de Bicêtre", dans la collection de J.B. Pontalis "L'un et l'autre", chez Gallimard.

Marie Didier s'entretiendra avec Jean-Yves Tamet et Josiane Rolland afin de revenir sur son itinéraire intellectuel, son rapport à la peinture, son parcours d'écrivain et de médecin.

L’association « La fabrique des idées » organise à Lyon depuis 2004 des rencontres avec des intellectuels issus de différentes disciplines de sciences humaines invités à retracer leur parcours sous la forme d’un exposé libre, suivi d’un dialogue avec un ou deux interlocuteurs.

L’esprit de ces rencontres qui se déroulent dans un climat plus amical qu’académique vise avant tout à rendre sensible la cohérence, ou les paradoxes, d’un itinéraire intellectuel singulier en revenant tout aussi bien sur le contexte des années de formation, les expériences esthétiques, les influences et les affinités électives qui ont marqué un parcours à travers les lectures, les engagements politiques ou encore les souvenirs personnels relevant de l’approche biographique.
Extrait de la présentation de l'exposition "Géricault, la folie d'un monde" :

"La présence dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon de la Monomane de l’envie , acquise en 1908, est à l’origine de ce projet qui regroupe, notamment, trois des cinq portraits de la fameuse série des monomanes (1819-1820) : autour du tableau de Lyon, sont réunis Le Monomane du vol du musée des Beaux-Arts de Gand et La Monomane du jeu du musée du Louvre, Paris. Contrairement à l’historiographie qui isole ces cinq portraits dans la production de l’artiste, l’exposition de Lyon se propose d’élargir la notion de folie au regard d’une vision politique. Elle entend montrer que Théodore Géricault, pour être véritablement compris, doit être envisagé comme un peintre d’histoire maniant avec subtilité le symbole et l’allégorie politique. Grâce à la sélection révélant de nombreuses œuvres inédites, l’exposition privilégie le regard si spécifique de Géricault sur ses contemporains à l’aube du romantisme. Cette humanité malmenée par les soubresauts de l’Empire et le retour des Bourbons, est dépeinte par Géricault comme un peuple héroïque, souffrant et fou (de douleur). Les cinq portraits de monomanes ne seraient donc pas seulement les témoins de la naissance de la psychiatrie moderne, mais l’aboutissement logique de toute une réflexion esthétique et politique (d’essence républicaine) portant sur la marginalité, l’exclusion, la pauvreté, la folie des guerres civiles et militaires, le désir de liberté."

Présentation du roman "Dans la nuit de Bicêtre" :

"Taciturne, secret, toujours obscur (l'histoire officielle ne s'étant pas privée de t'effacer simplement des étagères glorieuses allant jusqu'à écorcher souvent l'orthographe de ton nom), j'ai guetté la trace en apparence la plus insignifiante de ta vie. Le détail le plus fugace devenait pour moi lueur dans les ténèbres de ton existence. Tu as connu la maladie, les humeurs froides comme on disait alors en parlant de la tuberculose qui a mis ta vie en péril ; j'ai séjourné plusieurs années en sanatorium où j'ai failli mourir. Tu es devenu soignant ; je suis devenue médecin. Là s'arrête ce qui nous unit, mais plus tard, en avançant vers toi, je découvrirai autre chose qui me fera ne plus vouloir te quitter : par esprit de survie, par nécessité, par intelligence, par compassion innée, tu as su prendre des chemins difficiles, de ceux que presque personne jusque-là en France n'avait osé fréquenter."

Présentation de la collection "Lun et l'autre" :

"Des vies, mais telles que la mémoire les invente, que notre imagination les recrée, qu'une passion les anime. Des récits subjectifs, à mille lieues de la biographie traditionnelle. L'un et l'autre : l'auteur et son héros secret, le peintre et son modèle. Entre eux, un lien intime et fort. Entre le portrait d'un autre et l'autoportrait, où placer la frontière ? Les uns et les autres : aussi bien ceux qui ont occupé avec éclat le devant de la scène que ceux qui ne sont présents que sur notre scène intérieure, personnes ou lieux, visages oubliés, noms effacés, profils perdus ?"

Article de Franck Nouchi paru dans Le Monde des livres, "L'homme qui a libéré les fous" :

"Par où commencer ? Par l’écriture peut-être, limpide, bouleversante de simplicité et d’érudition. C’est par elle, grâce à elle, qu’on entre en ce 5 juin 1771 à Bicêtre, près de Gentilly, là où sont enfermés les fous. « Bicêtre, dont le seul nom fait frémir quiconque le prononce. » D’emblée, les odeurs « d’urine, de merde, de pus, de vomi, de sang pourri » vous assaillent. Elles ne vous lâcheront plus. Doucement, tendrement, reconnaissante, admirative, Marie Didier (1) s’adresse à un certain Jean-Baptiste Pussin, un pauvre hère franc-comtois de 26 ans, arrivé là malade, on ne sait trop comment. « Je me suis approché de toi, écrit-elle, sans savoir au début que j’allais vers toi, sans savoir que tu allais occuper deux ans de ma vie. » Sans savoir surtout qu’elle allait, à la faveur de cette rencontre et de ses recherches, raconter - et avec quel talent ! - l’un des épisodes les plus extraordinaires de l’histoire de la médecine. Schématiquement, l’histoire de Jean-Baptiste Pussin est celle du moment où de grands médecins européens vont comprendre que la folie n’a pas son origine dans le corps mais dans la personne, dans le « soi ». En France, c’est essentiellement à Philippe Pinel (1745-1826) que l’on doit d’avoir élaboré une interprétation psychologique de la folie selon laquelle elle peut être soignée efficacement par une psychodynamique personnelle entre le patient et le médecin. C’est le moment où va s’inventer la notion de « traitement moral » ; où, pour soigner les fous, on n’hésitera pas à prôner des notions telles que « la douceur, le raisonnement, l’humanité ». "Dans la nuit de Bicêtre" est tout le contraire d’un traité médical. C’est la description, à couper le souffle, de ce moment-clé de l’histoire de la psychiatrie ; c’est aussi le portrait de ce jeune homme qui, sans la moindre instruction, à force d’intuition, de courage et de coeur, va inventer une nouvelle manière de prendre en charge la folie. Tout commence le jour où Pussin entend un hurlement sans fin jaillir de la gueule d’un fou arc-bouté au mur de la cour. « Tu viens de découvrir en toi, lui dit Marie Didier, une chose éblouissante, secrète, qui ne s’apprendra ni dans les écoles, ni dans les universités, qui a été baillonné longtemps, qui va bouleverser ta vie et celle de tant d’autres : tu aurais pu être pareil à ces fous. Ils auraient pu être pareils à toi. » Alors Pussin deviendra portier à l’entrée de Bicêtre. Il aidera à l’écriture des registres. Plus tard, le 27 avril 1780, il sera nommé chef de la division des garçons enfermés du bâtiment neuf. Et trois mois plus tard, gouverneur de l’Emploi des fous. C’est à ce titre qu’il va connaître l’enfer des « loges » de Bicêtre. Il y découvre « les malades pressés par de grosses cordes contre la paroi humide verdâtre, les pieds, les mains, le cou garrottés par les fers ». Ce sont les « insensés » et Pussin est leur gouverneur. Inlassablement, il va consacrer sa vie à combattre l’horreur de leur existence. Inutile de dire qu’il ne dispose d’aucun traitement. Son don d’observation, sa compassion, son travail inlassable, sa force, sa voix seront ses seules armes. En octobre 1785, il est nommé gouverneur du Septième Emploi et rencontre Marguerite, qu’il épousera sept mois plus tard. Grâce à elle, la nourriture des fous de Bicêtre s’améliorera sensiblement. Et puis survient la Révolution. Extraordinaire description de ces journées où bascule la vie du peuple français. On croise le docteur Guillotin venu faire expérimenter à Bicêtre sa nouvelle machine par le bourreau Sanson. « Belle invention ! Pourvu qu’on n’abuse pas de la facilité ! », murmure ce dernier. Et puis Pussin se met à rédiger des observations : « Il est à remarquer que les fous les plus agités sont ceux où il y a le plus d’espérance de guérison… » Il s’agit-là tout simplement d’un des premiers documents de la psychiatrie. Le roi est décapité, la terreur s’installe. Le 11 septembre 1793, à peine nommé, Philippe Pinel débarque à Bicêtre. Dans la cour des fous, il aperçoit un homme en train de remettre un pantalon à un malade nu. Les gestes de l’homme sont presque affectueux, il y a là quelque chose de maternel qui bouleverse Pinel. L’histoire de la médecine bascule à cet instant précis. Pinel, le grand savant, est subjugué par la manière qu’a Pussin de « gouverner les fous ». Grâce à lui, il va voir se concrétiser au fil des mois les fondements de ce qu’il appellera plus tard le « traitement moral ». Il voit dans les passions - le deuil, l’amour, la jalousie, l’ambition - la cause des « maladies de l’âme ». Tout l’art de la médecine, pense Pinel, consiste non pas à détruire ces passions mais à les opposer l’une à l’autre. « Vous venez, dit Marie Didier, de faire une découverte formidable : le fou n’est jamais totalement fou et c’est avec ce reste de raison que la guérison est possible.» L’histoire s’accélère. Septembre 1794 : Pinel lit en public devant la Société d’histoire naturelle son Mémoire sur la manie. Le fou n’est plus un animal. Pour la première fois, devant une assemblée scientifique, on lui donne le statut de malade. Et puis, « s’adressant au public subjugué », il rend hommage à Jean-Baptiste et Marguerite… En janvier 1795, Pinel est nommé médecin-chef du plus grand hôpital d’Europe, la Salpêtrière. Pussin l’y rejoindra sept ans plus tard. Dans l’intervalle - Pinel affirme que c’était le 28 mai 1798 -, Pussin aura accompli un geste inoui : abolir les fers. A tout jamais. Cette libération des aliénés, Pinel, dans son Traité médico-philosophique, l’attribue formellement à Pussin et refuse de s’en attribuer le mérite. Il enfonce le clou pour la postérité, qui ne s’en souviendra pas : « A mon grand regret, je n’avais pu, durant mes fonctions à Bicêtre, mettre un terme à la coutume barbare et routinière d’enchaîner les aliénés. »
Rares, très rares, sont les livres aussi bouleversants que "Dans la nuit de Bicêtre". Il fallait bien cela pour conter la véritable histoire de Jean-Baptiste Pussin, l’homme qui a libéré les fous."

Franck Nouchi

Marie Didier a publié précédemment plusieurs ouvrages remarquables parmi lesquels Contre-visite, La Mise à l’écart et Le Livre de Jeanne, tous parus chez Gallimard.


Association La fabrique des idées
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4.09.2006

Avant d'être celui qui parle

Le dernier livre de Jean-Claude Rolland a paru le 21 avril 2006 sous le titre "Avant d'être celui qui parle" dans la collection "Connaissance de l'inconscient" chez Gallimard, avec une préface de J-B Pontalis.

Présentation de l'éditeur :

Deux sections dans ce livre. La première est intitulée " Langage ", la seconde " Image ". Apparemment cet ordre - d'abord le langage, ensuite l'image - vient contredire le titre de l'ouvrage, Avant d'être celui qui parle, l'homme est un voyant. Pourtant il n'y a pas là de contradiction car Jean-Claude Rolland n'entend pas établir une hiérarchie entre langage et image ni les opposer; il s'emploie à montrer ce qui les lie l'un à l'autre tout autant que ce qui les délie : union et séparation. l,es questions avec lesquelles il se débat et sans doute avec lui tout psychanalyste sont les suivantes : quel rapport entretient le langage avec ce qu'on appelle assez improprement l'image ? Y a-t-il entre eux quelque accointance ou bien s'agit-il d'une rupture entre deux " registres " incompatibles? A quoi renonçons-nous en cessant d'être voyants? Et d'ailleurs, est-il vrai que nous cessions de l'être? Que gagnons-nous dans cet éventuel renoncement qui nous ferait devenir sujet parlant? Gain ou perte? C'est une question similaire que nous rencontrons quand nous abandonnons nos objets d'amour primaires qualifiés d'œdipiens pour pouvoir pleinement en investir d'autres. Alors devons-nous guérir du " don de voyance" comme nous nous efforçons de " guérir du mal d'aimer " (titre du précédent livre de l'auteur)? Sans succès dans les deux cas...L'auteur n'entend pas décider pour nous des réponses à ces questions. Il nous maintient dans l'incertitude où il réside lui-même. Incertitude qui ne témoigne pas d'une hésitation mais qui indique une tension permanente entre deux pôles.

2.09.2006

Bernard Ceysson


Bernard CEYSSON
le vendredi 14 avril à 19h30
à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon) - Métro Hôtel de Ville.
Entrée libre



Bernard Ceysson, historien de l’art, est invité à revenir sur son parcours exceptionnel aux côtés des peintres et artistes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle.

Directeur du musée d’Art moderne de Saint-Étienne dès 1977, Bernard Ceysson a été le commissaire d’expositions qui ont fait date avec notamment Nouvelle Peinture en France : pratiques, théories en 1973, Après le classicisme en 1980, Mythe, Drame, Tragédie en 1982, L'Art en Europe, les années décisives : 1945-1953 en 1988, L’Écriture griffée en 1990 ou encore Support-Surface en 1991.
Depuis ses années de formation à Lyon et à Saint-Étienne jusqu’à la direction du Musée national d’Art moderne de Paris en 1986-1987 et son travail à la Fondation Musée d'Art moderne Grand-Duc Jean au Luxembourg à la fin des années 1990, Bernard Ceysson est à la fois un acteur et un grand témoin de tous les courants esthétiques et idéologiques qui ont traversé les arts plastiques depuis les années 1960 jusqu’à nos jours.

Son itinéraire intellectuel est aussi celui d’un militant de l’art de notre temps à travers colloques et catalogues : passionné par les sculpteurs de la Renaissance autant que par les avant-gardes européennes ou la peinture américaine d’après-guerre, il a publié de nombreux textes de référence sur des artistes qui furent aussi ses compagnons de route : Claude Viallat, André Fougeron, Gérard Fromanger, Bernard Rancillac, Jacques Monory ou Pierre Soulages.

C’est ce parcours à travers l’histoire de l’art et celle de ses idées que Bernard Ceysson retracera pour en rendre sensible toute la cohérence, mais aussi les paradoxes, en évoquant ses admirations et ses convictions de critique, ses prises de position théoriques, ses engagements à la direction d’un grand musée, ses expériences esthétiques ou ses convictions politiques.

Nous vous invitons à lire cet article récemment paru dans le quotidien Libération à propos de l'actualité de Bernard Ceysson:

"Bernard Ceysson galeriste.

De la direction du musée national d'Art moderne (Centre Pompidou) à l'ouverture d'une galerie à Saint-Etienne : ce parcours, pour le moins singulier, est celui de Bernard Ceysson qui vient donc d'inaugurer la galerie IAC (Initiative art conseil), avec son fils François Ceysson et Loïc Bénétière.

Après son passage à Beaubourg en 1986-1987, Ceysson, 66 ans, avait rejoint la capitale du Forez pour prendre la direction des musées de sa ville natale jusqu'à sa retraite en 1998.

Ensuite, ce grand passionné, guère fait pour le jardinage, était devenu directeur artistique de la fondation du musée d'art moderne Grand-Duc Jean au Luxembourg, jusqu'à fin 1999. Il a aussi une société d'édition qui a publié récemment un livre avec un DVD sur Claude Viallat. C'est ce dernier, avec ses compères de Supports/Surfaces, Patrick Saytour et Daniel Dezeuze, qui a poussé Ceysson dans sa nouvelle aventure qui, comme il le précise, "ne vise aucunement la concurrence avec des galeries parisiennes et européennes". Viallat qui, en toute logique, fait l'objet de l'exposition inaugurale avec une quinzaine d'oeuvres récentes.

Au rythme d'une dizaine d'expositions par an, qui verront se succéder des artistes reconnus, comme les susmentionnés ainsi que Fougeron, Fromanger... mais aussi des plus jeunes, comme Franck Chalendard, juste après Viallat, ou Etienne Bossut, "la galerie s'intéressera aussi bien à la figuration engagée qu'à des figurations perturbatrices ou à l'abstraction."

secretariat-general@la-fabrique-des-idees.org
www.la-fabrique-des-idees.org

1.09.2006

J.B. Pontalis



J.B. PONTALIS
le vendredi 24 février à 19h30
à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)
Entrée libre.

Psychanalyste, éditeur et écrivain, essayiste et romancier, J.B. Pontalis reviendra sur son itinéraire qui, depuis ses débuts aux côtés de Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty ou Jacques Lacan, marque la vie intellectuelle française d’une empreinte très personnelle.

Quelques repères biographiques:

1924 : Naissance à Paris.

1945 : Diplôme d’études supérieures de philosophie.

1946-1948 : Premières expériences dans la radio, l’enseignement, la littérature et le cinéma ; début de la collaboration à la revue Les Temps modernes avec Jean-Paul Sartre.

1948-1952 : Agrégation de philosophie. Professeur à Alexandrie, Nice et Orléans.

A partir de 1953 : Détaché au CNRS sous la direction de Daniel Lagache et Maurice Merleau-Ponty.

Entreprend une « analyse didactique » avec Jacques Lacan.

Début du travail avec Jean Laplanche pour la publication, en 1967, du Vocabulaire de la psychanalyse.

Participe au « Comité des intellectuels contre la guerre d’Algérie » et signe le « Manifeste des 121 ».

1964 : Fondation de l’Association psychanalytique de France (APF). Membre du Comité de direction de la revue Les Temps modernes.

Chargé de conférences à l’école pratique des Hautes Etudes.

1966 : Création de la collection « Connaissance de l’inconscient », Gallimard.

1969 : Démission des Temps modernes.

1970 : Fondation de la Nouvelle Revue de psychanalyse avec notamment Didier Anzieu, André Green, Jean Pouillon ou Jean Starobinski.

1979 : Entrée au Comité de lecture de Gallimard.

1980 : Publication du premier volume de la revue annuelle Le temps de la réflexion.

1989 : Création de la collection « L’un et l’autre », Gallimard.

1994 : Cinquantième et dernier numéro de la Nouvelle Revue de psychanalyse.

Petite bibliographie sélective :

Après Freud, Gallimard, Les Essais, 1968 ; Idées ; Tel, 1993 ; Entre le rêve et la douleur, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1977 ; Tel ; Loin, récit, Gallimard, 1980 ; Folio ; Fantasme originaire, fantasmes des origines, origines du fantasme, avec Jean Laplanche, Hachette, 1985 ; Pluriel ; L’Amour des commencements, Gallimard, 1986, Prix Femina-Vacaresco ; Folio ; Perdre la vue, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1988 ; Folio Essais ; La Force d’attraction, Le Seuil, 1990 ; Points Essais ; Un homme disparaît, Gallimard, 1996 ; Folio ; Ce temps qui ne passe pas suivi de Le Compartiment de chemin de fer, Gallimard, Connaissance de l’inconscient, 1997 ; Folio Essais ; L’Enfant des limbes, Gallimard, 1998 ; Folio ; Fenêtres, Gallimard, 1999 ; Folio ; En marge des jours, Gallimard, 2002 ; Folio ; Traversée des ombres, Gallimard, 2003, Prix Valery Larbaud, 2004 ; Folio ; Le Dormeur éveillé, Mercure de France, 2004.

Et une citation :

« Parler boutique, j’y consens. Mais la psychanalyse m’assomme quand elle entre, sans y être invitée, en tout lieu, s’affirme comme interprétation de toutes les interprétation possibles. Je revendique pour tout à chacun non le refuge dans l’ininterprétable mais un territoire, aux frontières mouvantes, de l’ininterprété. A quoi bon nous avoir invités à nous délier la langue si c’est pour l’enchaîner à une autre que plus rien n’anime, sinon le désir, si fort, d’imposer le mot : tu ne dis pas ce que tu crois dire, tu es ce que je dis. »
J.B. Pontalis, in L’amour des commencements, Gallimard.

Enfin, nous sommes heureux de vous annoncer le prochain rendez-vous de la Fabrique des idées avec :
Bernard CEYSSON

le vendredi 14 avril à 19h30
à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)
Entrée libre

Bernard Ceysson, historien de l’art, est invité à revenir sur son parcours exceptionnel aux côtés des peintres et artistes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle.

Directeur du musée d’Art moderne de Saint-Étienne dès 1977, Bernard Ceysson a été le commissaire d’expositions qui ont fait date avec notamment Nouvelle Peinture en France : pratiques, théories en 1973, Après le classicisme en 1980, Mythe, Drame, Tragédie en 1982, L'Art en Europe, les années décisives : 1945-1953 en 1988, L’Écriture griffée en 1990 ou encore Support-Surface en 1991.

Depuis ses années de formation à Lyon et à Saint-Étienne jusqu’à la direction du Musée national d’Art moderne de Paris en 1986-1987 et son travail à la Fondation Musée d'Art moderne Grand-Duc Jean au Luxembourg à la fin des années 1990, Bernard Ceysson est à la fois un acteur et un grand témoin de tous les courants esthétiques et idéologiques qui ont traversé les arts plastiques depuis les années 1960 jusqu’à nos jours.

Son itinéraire intellectuel est aussi celui d’un militant de l’art de notre temps à travers colloques et catalogues : passionné par les sculpteurs de la Renaissance autant que par les avant-gardes européennes ou la peinture américaine d’après-guerre, il a publié de nombreux textes de référence sur des artistes qui furent aussi ses compagnons de route : Claude Viallat, André Fougeron, Gérard Fromanger, Bernard Rancillac, Jacques Monory ou Pierre Soulages.

C’est ce parcours à travers l’histoire de l’art et celle de ses idées que Bernard Ceysson retracera pour en rendre sensible toute la cohérence, mais aussi les paradoxes, en évoquant ses admirations et ses convictions de critique, ses prises de position théoriques, ses engagements à la direction d’un grand musée, ses expériences esthétiques ou ses convictions politiques.

Michel de M'Uzan


Michel de M'Uzan
Vendredi 17 juin à 19h30

à la bibliothèque du 1er arrondissement
7, rue Saint Polycarpe (Condition des Soies - Lyon)


Psychanalyste, Michel de M'UZAN est invité à raconter sa «fabrique des idées» en revenant sur son parcours intellectuel à travers ses préférences théoriques, ses expériences esthétiques, ses lectures, ses engagements dans la vie publique ou ses souvenirs personnels.

L’intérêt de l’œuvre de Michel de M’uzan tient à ce qu’elle s’inscrit, et comme création littéraire, et comme essai psychanalytique.

Il a en effet écrit d’un côté de brefs récits traitant d’une seule et même expérience : celle d’un sujet à la recherche de ce qui fonde son identité. Quête énigmatique, infiniment labile. Ses différents héros, à l’écart de toute psychologie traditionnelle interrogent le monde sensible, ses enveloppes, ses interstices. Dans le sillage de Nerval, il fait apparaître un quotidien proprement fantastique où l’étrangement inquiétant n’a jamais valeur de décor mais porte la trace de celui qui parle.

D’un autre côté, il a élaboré une pensée psychanalytique originale inspirée par le souci constant des métamorphoses de la psyché qui reste, comme sa création littéraire, imprégnée d’un esprit esthétique et réfléchit une conception artistique de la psychanalyse. Pour cet auteur, pratiquer l’analyse équivaut véritablement à pratiquer un « art ». Il s’agit, sous l’effet d’une « compulsion de symbolisation » qui lui est propre, de permettre au patient d’accéder à « une liberté créatrice ». Même les situations de détresse majeure sont tenues par lui comme « des œuvres à achever ». Contrevenant au but de la thérapeutique médicale « de rétablir un état antérieur », il définit le dessein analytique comme un regard qui se porte en avant, « puisque l’objectif est que devienne actuel ce qui n’était que potentiel, que s’affirme une liberté qui n’était que virtuelle, bref que s’établisse ce qui n’a jamais existé ».

De ce parcours intellectuel foisonnant, de cette intrication de références théoriques multiples, Michel de M’Uzan nous dira en quoi ils ont institué une « fabrique des idées ».

Michel de M’Uzan est membre titulaire de la société psychanalytique de Paris, ancien directeur de l’institut de psychanalyse. Il a fondé avec Pierre Marty, Christian David et Michel fain, l’Institut de psychosomatique de paris (IPSO).

Outre de nombreux articles et textes parus dans des revues psychanalytiques ou littéraires contemporaines, des adaptations théâtrales et une Anthologie du délire, Monaco, Ed. du rocher, 1956, M. De M’Uzan a publié:

Les chiens des rois, Gallimard, en 1954
Le rire et la poussière, Gallimard, en 1962
Celui-là, Grasset en 1994
De l’art à la mort, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient » 1994, et « Tel » 1994
La bouche de l’inconscient, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient », 1994

On trouvera dans l’essai que Murielle Gagnebin lui a consacré ( in Michel de M’uzan, collection « Psychanalystes d’aujourd’hui », PUF, 1996) une bibliographie complète de cette œuvre considérable.

Texte de Jean-Claude Rolland.


Nous remercions vivement la Bibliothèque Municipale de Lyon de nous soutenir et d'acueillir cette séance; nous remercions L'Elysée et la librairie "Le bal des ardents" d'avoir accueilli les précédentes et de rester présent à nos côtés pour la suite.

12.09.2005

Bernard Lahire


Bernard Lahire
le vendredi 8 avril 2005
de 18h30 à 20h30
à la librairie / galerie Le Bal des Ardents.
17, rue Neuve - Lyon 1er - Métro Hôtel de Ville
Entrée libre.


Sociologue, Bernard Lahire est invité raconter sa «fabrique des idées» en revenant sur son parcours intellectuel et scientifique à travers ses préférences théoriques, ses expériences esthétiques, ses lectures, ses engagements dans la vie publique ou ses souvenirs personnels.

Né à Lyon en 1963, Bernard Lahire est Professeur de sociologie à l'École Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines et directeur du Groupe de Recherche sur la Socialisation. Il a été professeur de sociologie à l'Université Lumière Lyon 2 et membre de l'Institut Universitaire de France (1995-2000). Il dirige la collection « Laboratoire des sciences sociales » aux Éditions La Découverte, il est membre des comités de rédaction des Cahiers internationaux de sociologie et de la revue Éducation et Sociétés.

Bernard Lahire a publié une dizaine d'ouvrages dont Tableaux de familles. Heurs et malheurs scolaires en milieux populaires (Gallimard/Seuil, 1995), L'Homme pluriel. Les ressorts de l'action (Nathan, 1998), L'Invention de l'« illettrisme ». Rhétorique publique, éthique et stigmates (La Découverte, 1999), Le Travail sociologique de Pierre Bourdieu. Dettes et critiques (sous la dir., La Découverte, 1999), Portraits sociologiques. Dispositions et variations individuelles (Nathan, 2002), À quoi sert la sociologie ? (sous la dir., La Découverte, 2002), La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi (La Découverte, 2004)

L'esprit sociologique (La Découverte, 2005) est son dernier livre. Extrait de la quatrième de couverture:
"Qu'est-ce que penser et connaître en sociologue ? Pourquoi un regard scientifique sur le monde social est-il si important à construire, à défendre et à transmettre ? Voilà des questions auxquelles Bernard Lahire s'efforce de répondre dans un livre animé par le désir de dire, le plus précisément possible, ce que fait le sociologue pour produire une connaissance savante sur le monde social.

Issu d'une réflexion sur le travail d'interprétation sociologique mis en oeuvre sur des données de nature différente, ce livre aborde des questions centrales dans l'apprentissage de l'esprit sociologique : la description, l'interprétation et la surinterprétation, l'usage sociologique des analogies, les rapports entre objectivation sociologique et critique sociale, entre l'ordre de la pratique et l'ordre du discous, entre sociologie et littérature, etc."

« La fabrique des idées » est un atelier public sur les idées contemporaines à Lyon qui présente en 2004/2005 un premier cycle de rencontres autour de parcours d’intellectuels. Sciences humaines et sociales, littérature et psychanalyse y sont invitées à dialoguer, hors les murs de l’université et des lieux académiques. Une assistance limitée à un cinquantaine de personnes et un dispositif sans estrade ont été choisis afin de favoriser la liberté de ton et de parole ainsi que la rigueur des raisonnements.

Nous remercions vivement "Le Bal des Ardents" d'accueillir cette séance de reprise; nous remercions L'Elysée d'avoir accueilli les précédentes et de rester présent à nos côtés pour la suite.

11.09.2005

Chantal Thomas


Le 14 mai dernier, André Green avait choisi de répondre à cettequestion à travers une lecture de Charles Baudelaire éclairant d'unelumière singulière le dialogue entre psychanalyse et littérature.

Nous vous invitons à suivre un parcours intellectuel tout aussi libreet exigeant, entre critique, fiction, histoire et autobiographie avecla "Fabrique des idées" de:

Chantal Thomas
le vendredi 11 juin 2004 à 18h00
à l'Elysée - Théâtre
Lyon 7e

Directrice de recherches au CNRS, ancienne élève de Roland Barthes,Chantal Thomas a publié de nombreux essais sur Sade, Casanova, ThomasBernhard et Marie-Antoinette. Auteur de deux essais très personnelsComment supporter sa liberté et Souffrir, Chantal Thomas a reçu en2002 le prix Femina pour son roman Les Adieux à la Reine. Elle vientégalement de publier un court récit : L'Ile flottante.

L'Elysée14, rue Basse Combalot - Lyon 7e - Métro Guillotière.

9.09.2005

Pierre Vidal-Naquet


ANNULE

Nous vous invitons cette semaine à suivre le troisième chapitre du cycle "Parcours d'intellectuels" initié par André Green et Chantal Thomas, avec la venue à Lyon de:

Pierre Vidal-Naquet,
le 24 septembre 2004,
de 18h à 20h
à l'Elysée Théâtre

Historien de l'Antiquité, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, Pierre Vidal-Naquet est aussi l'auteur d'une oeuvre marquée par ses engagements d'intellectuel contre la torture en Algérie et le négationnisme. Né en 1930 dans une famille juive du Venaissin, il échappe à la déportation le 15 mai 1944, lors de l'arrestation de ses parents. Lycéen, il est un lecteur passionné des tragédies grecques et classiques. Après la découverte de l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau puis du surréalisme, L'étrange défaite de Marc Bloch est l'un des livres à l'origine de sa vocation d'historien. Agrégé de l'Université, il mène un travail sur la Grèce antique inspiré par sa connaissance de Platon et la lecture de Georges Dumézil et de Claude Lévi-Strauss. En 1958, Pierre Vidal-Naquet signe le Manifeste des 121, appel à la désobéissance contre la guerre d'Algérie, ce qui lui vaut une suspension d'enseignement. En mai de la même année, à la demande de Jérôme Lindon, Pierre Vidal-Naquet publie L'affaire Audin, l'histoire d'un jeune mathématicien communiste, professeur à Alger, qui a choisi de soutenir le F.L.N et qui meurt à la suite de sonarrestation par l'armée française. Militant anticolonialiste, Pierre Vidal-Naquet a écrit des ouvrages comme La raison d'état et La torture dans la République avant de publier Les Assassins de la mémoire contre le négationnisme et le révisionnisme. Il est aussi l'auteur de livres sur Jean Moulin et de nombreux témoignages sur son propre parcours.

L'Elysée14, rue Basse Combalot - Lyon 7e - Métro Guillotière.

8.09.2005

André Green


André Green
le 14 mai 2004
18h00-20h00
Elysée - Théâtre
Dernier et quatrième d'une fratrie dont l'ainée a quinze ans de plus, André Green est né au Caire le 12 mars 1927, à l'époque coloniale de l'entre-deux guerres, au Levant franco-britannique (Égypte, Liban, Palestine et Syrie), comme ces artistes du spectacle: Claude François, Dalida, Omar Sharif et beaucoup d'autres qui ont eu leurs heures de gloire à Paris dans les années 50-60. Dans cette bourgeoisie coloniale cosmopolite cairote, il était de règle pour les enfants de fréquenter le lycée français du Caire, d'avoir le français comme langue première et l'anglais comme langue seconde, tandis que l'arabe est d'usage seulement dans les rapports avec les "indigènes".

À ce cosmopolitisme colonial s'ajoute le cosmopolitisme familial des parents séfarades ibériques, portugais du côté paternel et espagnol du côté maternel. Le vernis yiddish ou ashkenaze (Grünn ou Green) du patronyme demeure encore une énigme des changements de nom. Ces cosmopolitismes conduisent à l'ouverture internationale et interdisciplinaire, aux interpénétrations culturelles et à l'éclectisme intellectuel.
Orphelin à quatorze ans d'un père, patriarche méditerranéen, assez distant dans les débats intellectuels philosophiques et scientifiques, malgré la proximité affective dont il s'est déclaré être le seul de la fratrie à connaître l'indulgence et la tolérance. La sensibilité maternelle semble être déterminante dans sa vocation psychiatrique. Elle mourut quand il avait vingt trois ans, émigré en France à Paris, étudiant à la Faculté de Médecine.

Les études secondaires au lycée français du Caire l'a placé à la fois dans les philosophies et les sciences et, pour des raisons pratiques, il opta pour la médecine et particulièrement la psychiatrie, dans la stratégie double paradoxale du compromis qui consiste à faire à la fois les sciences et les philosophies dans l'unité de temps et de lieu.

En 1945, à 18 ans, avec un "bachot" (baccalauréat de l'enseignement secondaire) en poche et un certificat d'études supérieures propédeutiques en médecine PCB (Physique, Chimie, Biologie), il quitta l'Égypte pour la France et arriva dans ce Paris tourbillonnant, brouillon et bouillonnant de l'immédiat après-guerre, de Saint-Germain-des-Près et de l'existentialisme sartrien.

La médiocrité et la tristesse de l'enseignement universitaire dont il a subi durant ses premières années de médecine l'orientèrent de la psychiatrie à la psychanalyse où "les psychanalystes sont des artisans, ils travaillent à la pièce", en refusant la dictature et la morosité institutionnelles des mandarinats hospitaliers, après avoir passé ses années d'internat dans les années 50 à l'hôpital psychiatrique Ste-Anne à Paris qui, en plus d'un salaire, lui a permis d'être en contact à fois avec la réalité hospitalière de la maladie mentale et avec la réalité de très grands talents des disciplines et des domaines connexes de la psychiatrie et de la psychologie.

Ce fut son œuvre "la psychiatrie comme objet de pensée", au moment où de l'autre côté de l'Atlantique Gregory Bateson pensa l'esprit en termes cybernétiques et systémiques de traitement de l'information et d'énergie collatérale. Cette ouverture s'est manifestée par l'invitation au séminaire de 1966 organisé par l'Institut de Psychanalyse de Paris de Jacques Derrida, René Girard et Michel Serres qui ont pour point commun, langue, langage et communication.

René Girard enseignait encore à l'Université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland) où Anthony Wilden produisait avec Jacques Lacan "Speach and Language in Psychoanalysis" en 1968, par et à travers lequel le premier traduisait, critiquait et introduisait le second dans le monde anglo-saxon. Michel Serres allait commencer en 1969 sa série "Hermès" avec "La communication".

Ce refus fut érigé en éthique et l'objet de controverse et disputation avec Jacques Lacan, particulièrement sur le point où la situation de l'analyse qui accorde à l'analyste un pouvoir considérable, parce qu'il est objet de transfert et où tout le jeu de l'analyse et toute l'éthique de l'analyste consistent à refuser ce pouvoir et à analyser seulement. Se servir de ce pouvoir est criminel et s'en servir pour de "bonnes raisons" est encore plus criminel.

Ces années d'internat ambulant à travers différents hôpitaux de la région parisienne lui a permis de rencontrer une figure marquante, Henri Ey, devenu un père supplétif et suppléant dans des débats intellectuels et moraux. Ensuite, Ey organisa des conférences qui ont permis aux jeunes psychiatres de s'ouvrir à d'autres horizons et leur ont donné le goût de grandes fêtes psychiatriques de débats, ouvertures et rencontres, comme les journées de Bonneval dont André Green s'est inspiré pour organiser ses journées de la Société Psychanalytique de Paris en 1989 à l'UNESCO. Au cosmopolitisme colonial et familial cairotes s'est ajouté le cosmopolitisme et l'éclectisme intellectuels de Ste-Anne.

En 1955, première rencontre avec Jacques Lacan à L’Hôpital Psychiatrique Ste-Anne. En 1957, Green rencontre Donald Winnicott et Wilfred Bion au Congrès de psychanalyse de Paris. Cette rencontre s'avérera déterminante pour son élaboration de l'état-limite dont on verra la reformulation de Bion du schéma Kleinien et la contribution des travaux de Donald Winnicott à l'idée de l'état-limite. En 1956-1960, psychanalyse avec Maurice Bouvet. En 1961, Green commence à assister aux séminaires de Lacan. En 1962-1963, Green donne des conférences sur Lacan à l'École pratique des hautes études dans le cadre des séminaires de Roland Barthes.

En 1966, séminaire à l'Institut de Psychanalyse de Paris avec Derrida, Detienne, Girard, Serres, Vernant comme invités. En 1965, Green fut élu membre titulaire de la Société de Psychanalyse de Paris et rupture avec Lacan en 1967. En 1970-1977, Green dirige l'Institut de Psychanalyse de Paris, sa nouvelle constitution et sa réforme démocratiques. Depuis 1977, Green, dirige, préside et anime différents regroupements, sociétés et congrès de psychanalyse.

André Green ("Un psychanalyste engagé", p. 95, Calmann Levy, Paris, 1994), dans ses conversations avec Manuel Macias, avoue avoir voulu entretenir la "machine intellectuelle" en assurant en même temps les fonctions cliniques et thérapeutiques à plein temps pour gagner sa vie. Les particularités du mouvement psychanalytique français, d'une part, a interpellé sa tendance (“Trieb” qui donne “trend” anglais: pulsion ou simplement désir) cosmopolitique à l'ouverture internationale et interdisciplinaire et, d'autre part, "après la lourde astreinte du travail psychanalytique, le travail intellectuel a quelque chose de détendant " (op. cit. 1994, p. 95), le travail intellectuel de lecture et d'écriture a été une source de plaisir et surtout d'excitation.
Voici quelques parutions sélectionnées dans la bibliographie d'André Green, en délaissant les articles qui sont préparatoires aux livres et souvent bien plus féconds.

En 1969, "Un œil en trop. Le complexe d'Oedipe dans la tragédie", Édition de Minuit, Paris. Comme René Girard invité au séminaire de l'Institut de psychanalyse de Paris en 1966 , relecture de la littérature avec un autre éclairage.

En 1973, "Le discours vivant. La conception psychanalytique de l'affect", PUF, Paris. Développement de l'idée d'affect qui fait de Green "l'homme de l'affect" en France.

En 1982, "Hamlet et Hamlet: une interprétation psychanalytique de la représentation", Balland, Paris. Ce n'est pas seulement une lecture psychanalytique de Hamlet, mais une lecture psychanalytique de la représentation, permettant de lier la représentation théâtrale à la problématique des représentations inconsciente et consciente et aux limites du représentable.

En 1983, "Narcissisme de la vie, narcissisme de mort", Édition de Minuit, Paris.
En 1984, "Le langage dans la psychanalyse", dans "LANGAGES", Les belles lettres, Paris.
En 1990, "La folie privée. Psychanalyse des cas limites", Gallimard, Paris. Développement du concept de limite et du cas-limite ou "border line", comme état, et non seulement un passage ou un "mélange confus" névrose-psychose. Le sous-titre est beaucoup plus éclairant.

Comme dans l'optique géométrique des images virtuelle et réelle, la limite n'est pas seulement une frontière qui s'ouvre et se ferme sélectivement ou non, un passage ou un entre-deux, entre virtuel et réel, mais un état de latence par rapport au manifeste, comme dans un microscope où l'image virtuelle formée par l'objectif est rendue réelle par l'oculaire.

Ainsi, le titre éclairant de "folie privée" mettrait en contraste le latent ou virtuel au manifeste ou réel, en parallèle avec le privé et le public et la folie privée latente par rapport à la folie publique manifeste. Alors, le "cas-limite" serait une pathologie en soi ou une forme de pathologie virtuelle. Le sous-titre est encore plus éclairant, en annonçant une "psychanalyse des cas limites", une étude psychanalytique de ce phénomène posé comme problème.